LA START-UP DU MOIS : POQ

LA START-UP DU MOIS : POQ

Fondée en 2011 à Londres, Poq est une plateforme cloud dédiée au développement d’applications retail “nouvelle génération”. Entretien avec James Springham, directeur commercial de cette start-up britannique en pleine expansion.

poq commerce

Comment Poq a-t-elle été créée ?

Il y a 5 ans, lorsque les retailers souhaitaient créer une application mobile, ils avaient 2 solutions : solliciter une agence ou le faire en interne. Les applications créées étaient alors certes très personnalisées, mais lentes à lancer, difficiles à gérer et donc délicates à faire évoluer. Encore trop de retailers sont pénalisés avec des applications sur mesure qui sont en réalité devenues “délicates” à maintenir, qui ne génèrent pas suffisamment de ventes et qui reçoivent des feedbacks clients relativement médiocres.

Poq a donc émergé avec une approche “plateforme”, par sa facilité d’intégration à n’importe quelle plateforme e-commerce (Magento, Hybris,…). De plus, la gamme de fonctionnalités prédéfinies la rend évolutive et facilite le lancement d’une application marchande en très peu de temps (14 semaines en moyenne). Enfin, les mises à jour trimestrielles de notre solution offrent plus de flexibilité et d’agilité à nos clients. En 2016, plus de 100 millions £ de ventes ont été réalisées via les applications retail de la plateforme Poq, et la note moyenne attribuée à « nos » apps est de 4,24/5.

Quel est le business model de Poq ?

Nous proposons un abonnement annuel à nos clients dont le montant varie selon les besoins des retailers au fur et à mesure des mises à jour de notre plateforme. Les droits de licence peuvent représenter un pourcentage des ventes, car nous sommes convaincus que notre modèle et notre approche donnent de bons résultats commerciaux.

En pratique, la plupart des retailers commencent avec une app marchande basique qu’ils peuvent lancer rapidement. Une fois suffisamment de revenus générés par ce biais, notre client peut ajouter de nouvelles fonctionnalités, de nouveaux territoires, de nouvelles plateformes, etc…. Notre offre est très modulable; ce qui justifie que notre abonnement puisse être aussi variable d’un retailer à l’autre.

Quelle est votre stratégie de développement ?

Si la croissance du mobile est extrêmement disruptive pour les retailers, elle représente également une opportunité énorme pour ceux qui y répondent et offrent une expérience vraiment adaptée à cet usage. Crééer uniquement un site web mobile n’est pas une solution ! Nous pouvons en témoigner car la conversion, l’engagement et les paniers moyens constatés y sont beaucoup plus faibles sur le desktop. Hors retail, des entreprises tech telles que Spotify, Facebook ou même Linkedin ont pris conscience de cela et se sont vraiment concentrés sur l’expérience app mobile.

Finalement, notre stratégie de développement consiste à rendre simple pour le retailer le lancement d’applications natives et de profiter des occasions d’engager leurs clients sans avoir de compétences propres en développement. Notre objectif est d’apporter à nos clients les réponses technologiques à leurs problématiques business : nous le faisons en offrant une plateforme stable et facilement intégrable tant à leur SI interne qu’aux technologies 3rd party qui ont pu être mises en place.

Côté clients, cela leur permet de bénéficier de fonctionnalités intéressantes. Par exemple, nous nous attendons à une croissance énorme de l’utilisation du mobile en magasin. Nous avons donc déjà un certain nombre de fonctionnalités basées autour de ce type d’utilisateur : le scan d’un code-barres pour acheter l’article correspondant à ses critères de préférence via l’application, le téléchargement d’une carte de fidélité dématérialisée, etc….

Nous voyons d’énormes possibilités dans le retail, mais en ré-imaginant constamment les customer journeys : du paiement mobile en magasin à l’annonce au conseiller de vente de l’arrivée de son client en magasin pour lui offir un accueil résolument personnalisé.

Que pensez-vous du fait qu’en France, les gens n’utilisent que les 5 mêmes applications quotidiennement, alors même que de nombreux utilisateurs peuvent avoir une vingtaine d’applications sur leurs smartphones. Pourrait-on dire que “trop d’app tue l’app” ?

Obtenir plus de trafic n’est pas un défi propre aux applications ! En fait, nous savons qu’elles bénéficient d’une récurrence d’utilisation et d’une fréquence d’achat beaucoup plus élevées que les sites web desktop ou mobiles.

Il y a beaucoup de statistiques qui font débat dans notre industrie sur le fait qu’un grand nombre de personnes télécharge des applications et ne les utilise qu’une seule fois ; pour autant, ce n’est pas ce que nous constatons sur notre plateforme. Qui plus est, c’est au retailer de rendre son app engageante pour garantir le retour des clients sur l’application tout comme il le ferait avec son site web.

Sur le marché britannique, les utilisateurs ont eu une adoption plus rapide du mobile et de nombreux retailers voient maintenant 65-70% du trafic sur leur site web provenir des appareils mobiles. Les statistiques témoignent d’une croissance de l’utilisation des mobiles très rapide en France. Dans les 6 à 12 prochains mois, la situation sera similaire au Royaume-Uni !

Avez-vous des projets pour le marché français ?

Pas encore. Aujourd’hui nous sommes essentiellement présents sur le marché britannique ; et si la plupart de nos clients sont au Royaume-Uni, ils vendent également en France et à l’étranger (Boohoo, Made.com…). Nous commençons à travailler avec des retailers étrangers : notre premier grand client américain sortira une application dans les prochains mois. Étant basés à Londres, notre équipe est forcément cosmopolite. Preuve en est : nous avons des développeurs, des chefs de projet ou encore des designers francophones prêts à saisir de nouvelles opportunités sur le marché français !

Qu’est-ce qui rend Poq unique ?

Notre plateforme d’application et l’accent mis sur l’approche technologique. Notre CEO, Oyvind Henriksen, a été CTO pendant 10 ans pour une agence norvégienne leader en e-commerce, donc nous nous concentrons particulièrement sur la construction d’une plateforme stable qui constitue la base solide des applications de nos clients. Nous obtenons de meilleurs résultats que les applications conçues par des agences spécialisées, tant en termes de satisfaction clients sur les appstores que de revenus générés ! C’est cette approche qui offre à nos retailers autant de flexibilité et d’agilité dans le développement de leurs applications.

Un dernier mot ?

Je voudrais challenger les retailers sur la façon dont ils pensent le mobile aujourd’hui. Nous devons reconnaître que l’usage du mobile est en pleine mutation – en particulier chez les plus jeunes entre 20 et 30 ans. L’usage dû est fondamentalement différent, beaucoup plus axé sur l’application plutôt que sur le site web, de sorte que les marques doivent en prendre conscience, s’y adapter et être proactives vis à vis de ce phénomène.

De plus en plus d’utilisateurs passent du desktop au mobile, avec un trafic mobile sur le site web compris entre 50% ou 70% en fonction du type de retailer. C’est un réel grand défi pour eux en termes de conversion, de panier moyen et d’engagement. Si des marques comme Amazon, Asos et Zalando performent bien, les principaux retailers présents chez Poq génèrent jusqu’à 25% de leur chiffre d’affaires e-commerce total via leurs applications !

L’idée n’est pas de se dire qu’« avoir une application est bien » ou qu’il faut uniquement parvenir à engager ses clients : ce doit être une pan déterminant de l’infrastructure business de n’importe quel acteur.



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