La start-up du mois : Wing

La start-up du mois : Wing

Créée en 2015, la start-up Wing propose un service logistique de premier kilomètre à destination des petits et moyens e-commerçants et des retailers. L’objectif est simple : les décharger des contraintes d’emballage et du dépôt des colis en bureau de poste. Entretien avec Jean-Baptiste Maillant, Co-fondateur et CEO de Wing.

ICC : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter Wing ?

J-B.M. : Dès le départ, nous avons fait un constat très simple, adresser les petits commerçants pour les assister dans la préparation de commande e-commerce.

Chaque jour, 200 000 de ces marchands emballent eux-mêmes les produits avant de les déposer au bureau de poste le plus proche. Une charge de travail supplémentaire et du temps perdu qui pourraient être mis au profit du développement de leur business.

Aujourd’hui les petits et moyens e-commerçants subissent leur logistique et ne peuvent suivre les standards imposés par les leaders du domaine, comme Amazon ou Fnac. C’est pour les décharger de leurs contraintes organisationnelles que nous avons lancé Wing en octobre 2015 : nous fêterons nos deux ans le 16 octobre prochain.

ICC : Comment avez-vous répondu à la problématique des petits e-commerçants?

J-B.M. : Grâce à une technologie innovante qui se connecte à la solution e-commerce du marchand, Wing libère ses clients de l’emballage et de l’expédition de leurs produits. Le client établit au préalable un cahier des charges d’emballage (présence ou non d’échantillons dans le colis, type de packaging…) que nous nous efforçons d’appliquer.

ICC : Quel est votre cœur d’activité ?

J-B.M. : Notre métier c’est le Pick, pack and ship : on collecte, on emballe, on expédie. Nous sommes souvent qualifiés de « logisticiens urbains » car nous ne faisons pas de stockage, ce qui nous différencie des acteurs de la logistique classique. Notre métier, c’est la collecte et l’emballage dans les centres villes et aussi dans des agglomérations en province.

ICC : Quel est votre business model ?

J B.M. : Aujourd’hui, nous sommes 44 aux opérations du siège, un tiers de nos effectifs sont des développeurs informatiques. Nous sommes propriétaires à 100% de notre technologie et ne faisons pas appel à des prestataires externes.

Nous avons rapidement ouvert un bureau à Londres parce que nous sentions qu’en Angleterre il y avait un énorme potentiel sur le segment des petits e-commerçants.

Après quelques mois d’exploitation, nous sommes passés du « simple » opérateur logistique pour les e-marchands à la solution de ship from store dédiée au retailers physiques. La raison de ce virement de bord est simple : alors que nous pensions que seuls les petits e-commerçants géraient leur logistique de manière « artisanale », nous nous sommes rendu compte que les plus grandes enseignes avaient également des lacunes en la matière.

Les clients qui nous accordent leur confiance font majoritairement partie du prêt-à-porter, même si nous faisons aussi beaucoup de vins spiritueux, produits secs, pour des clients comme Fauchon, Ruinart.

Aujourd’hui nous travaillons avec Madura, Yellow Korner, Jacadi, Vente-privee.com, The Kooples, MylittleParis, Sézane, Bonobo, ERAM, Darjeeling, Chanel, Devialet, Louis Vuitton, Birchbox, Dior …

ICC : Comment résumeriez-vous votre vision des problématiques retail d’aujourd’hui ?

J B.M. : Il y a quelques années, on nous parlait d’omnicanalité : il fallait que le client soit unique. Le retail devait communiquer avec le e-commerce. De nombreux systèmes de fidélisation ont été développés : click&collect, réservation etc. On essayait de driver du flux e-commerce vers les magasins et inversement. Désormais lorsqu’on arrive à bien allier le e-commerce et le retail, cela booste les deux business.

Le problème, c’est que le stock n’a pas suivi et aujourd’hui, nous devons parler d’omnilogistique. En supply chain, on continue à considérer un stock retail et un stock e-commerce. De ce fait, les deux espaces de stockage sont séparés et souvent, ils ne sont pas gérés par le même acteur.

Wing est la solution à ce problème, car nous sommes capables de collecter des produits dans les magasins, de les emballer et de les expédier dans le monde entier avec des transporteurs traditionnels tels que Colissimo, Chronopost, UPS…

ICC : Quelle est votre culture d’entreprise ?

J B.M. : Nous avons une culture entrepreneuriale très forte, la plupart de nos salariés ont déjà monté une boîte, qui l’aient revendue ou plantée.

Pour moi, l’entreprenariat représente une véritable liberté. Ensemble, avec nos employés nous essayons d’innover. Chacun apporte ses idées et certains créent leur petite entreprise au sein de Wing et apportant des qualités et des idées nouvelles.

Notre état d’esprit est basé sur la réflexion et la recherche de solutions. Le sport et le bien-être sont également essentiels dans notre culture d’entreprise.

ICC : Pour terminer, quelles sont vos prochaines étapes ?

J B.M. : L’année 2017 est l’année du décollage pour Wing qui a déployée son service dans plus de 10 villes en France et au Royaume-Uni.